LES AILES DE CENTRE ALSACE
Bulletin de l'Association des Usagers de l'aérodrome de Colmar-Houssen - Date 20 janvier 2003
Le Protocole est signé !
C'est officiel. Le Protocole de reprise de l'exploitation de l'aérodrome de Colmar a été signé le 18 décembre 2002 par la Chambre de Commerce et la Ville de Colmar.
Les grandes lignes de ce Protocole ont été exposées dans le précédent Bulletin du 6 décembre.
La Chambre de Commerce s'engage à poursuivre l'exploitation de l'aérodrome jusqu'au 31 décembre 2005. En contrepartie la Ville s'engage à rechercher une "solution de substitution" pour l'aviation d'affaire. Si ce délai ne suffit pas pour le transfert, des prolongation par périodes annuelles pourront être décidées d'un commun accord.
Mais il n'y a rien de nouveau concernant les sports aériens. L'engagement de la Ville de Colmar ne vaut que pour l'aviation commerciale.
Le terrain repart donc pour une durée minimum de trois ans. Il y a fort à parier que la Ville n'aura pas inventé un nouvel aéroport d'ici 2005.
Quant au mirage de la Base aérienne de Meyenheim, il semble s'être évaporé.
La Révélation
Après deux années à méditer sur le sort de nos petits aéronefs, l'Aviation civile a eu la vision soudaine de la Solution.
Elle nous est révélée dans un courrier de la DAC Nord Est, en date du 8 janvier 2003 :
"S’agissant de l’aviation légère, les difficultés liées à la géographie de la région alsacienne et la saturation en termes de capacité d’accueil des aérodromes alsaciens ( Mulhouse-Habsheim, Strasbourg-Neuhof ou encore Haguenau), imposeront son transfert vers des sites périphériques moins contraints (Lorraine, Franche-Comté)"
Non vous n'avez pas bu, ou du moins pas trop. Oui vous avez bien lu !
Il faut, pour y croire, la foi qui soulève les montagnes ... ou tout au moins celle qui franchit les Vosges.
La solution préconisée par la DGAC pour l'aviation légère de Colmar est le transfert ... en Lorraine !
Et pourtant messieurs ... elles brûlent !
Le Maire de Colmar a entrepris la noble tâche d'organiser une censure de la presse locale. Il avait déjà vivement protesté contre l'article des Dernières Nouvelles d'Alsace intitulé "Alain Delon et l'aéroport" en le qualifiant "d'élucubration". Il entend à présent interdire aux journaux locaux de publier des photos de voitures incendiées à Colmar.
Voici l'article paru dans les Dernières Nouvelles d'Alsace du 19 janvier 2003.
Qui a commencé ?
Le maire de Colmar n’a pas apprécié que nous ayons publié après le Réveillon, dans nos éditions locales, une photo – une seule ! – de voiture incendiée à Colmar. Gilbert Meyer craint que cette publication ne soit perçue par les incendiaires comme une invitation à renouveler leurs méfaits. On peut en effet débattre à perte de vue sur l’opportunité de parler des faits divers dans un quotidien régional (notre religion est faite, la réponse est évidemment oui) et sur la façon de le faire.
En l’occurrence, si une photo de voiture incendiée a pu inciter les « trublions de l’ordre public », comme les appelle Gilbert Meyer, à passer à l’acte, c’est plutôt celle qui figurait sur l’un de ses documents électoraux pendant la campagne municipale de 2001 (notre document). Comment un incendiaire en puissance ne se sentirait-il pas défié de réaliser ce que « Gilbert Meyer et son équipe » ne voulaient pas voir advenir à Colmar ? L’exploitation politique de l’insécurité urbaine est sans doute payante sur le plan électoral – plusieurs villes ont basculé grâce à elle –, mais aussi délicate à manier qu’un bâton de dynamite. (DNA 19/1/03)
Quel rapport avec l'aérodrome de Colmar, direz-vous ?
Il faut se souvenir que ce fameux tract, distribué dans les boites aux lettres colmariennes quelques jours avant le scrutin municipal de mars 2001, exploitait le thème des incendies de voitures ... et du risque causé par l'aérodrome.
La dangerosité particulière de l'aérodrome de Colmar reste à démontrer. Nous attendons toujours de la Ville une véritable étude de risque.
Mais il a été hélas constaté qu'avec un peu d'essence, une voiture colmarienne était aussi combustible qu'à Strasbourg ou Mulhouse.