Colmar, le 28 janvier 2002
Monsieur,
Vous m’avez fait part de vos réactions quant au projet de fermeture de l’aérodrome de Colmar-Houssen.
J’en ai pris bonne note et tiens à vous rappeler les raisons du projet de transfert des activités de l’aérodrome de Colmar-Houssen sur la base militaire de Meyenheim.
En tant que Premier Magistrat de Colmar, il est de mon devoir de veiller à la sécurité des Colmariens et à leur qualité de vie. Or, le périmètre d’exposition au bruit a été élargi l’année dernière, suite à un arrêté préfectoral. Il s’étend désormais jusqu’au cœur de la ville. Les avions survolent donc régulièrement le périmètre urbain, mettant ainsi les habitants du centre-ville en danger, du fait des risques de crash potentiel. Une récente actualité vient encore, malheureusement, de mettre le doigt sur cette question.
Par ailleurs, les nuisances sonores sont devenues de plus en plus insupportables pour les riverains, en particulier du fait des activités de voltige.
Aucune grande ville française n’est confrontée au même problème. Aucune autre ne possède d’aérodrome sur son territoire urbain, comme c’est le cas de Colmar. Le déplacement de l’aérodrome correspond donc à une réelle nécessité. C’est le projet sur lequel je travaille momentanément.
La base militaire de Meyenheim n’est pas située bien loin de Colmar ; elle est, de surcroît, idéalement desservie par le réseau autoroutier. Enfin, il est tout à fait possible de faire cohabiter les activités civiles et militaires, comme le prouve l’exemple de Strasbourg- Entzheim, avant la fermeture de la base en 1994, à l’exception de l’aviation sportive.
Vous insistez également sur l’impact de cette fermeture sur l’activité de votre entreprise et sur l’évolution du tissu industriel du Centre-Alsace. Or, je remarque d’une part que les sites de production du groupe Peugeot SA sont plus proches de l’EuroAirport Bâle-Mulhouse et d’autre part que 82 % de l’activité de l’aérodrome de Colmar-Houssen est de l’activité sportive.
J’observe que les évènements se précipitent actuellement, non pas du fait de la Ville de Colmar, mais à la suite de la décision de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Colmar et du Centre-Alsace de dénoncer l’accord de gestion en vertu duquel elle exploitait la plate-forme.
Je ne maîtrise pas cette décision. La durée de la concession, courant jusqu’en 2011, nous aurait donné le temps de trouver la solution de remplacement. La situation est différente aujourd’hui, mais encore une fois pas du fait de la Ville, je le précise. Si la situation suscite votre étonnement et votre mécontentement, je crois que votre courrier s’est trompé de destinataire.
Il vous appartient aussi de vous en tenir aux volontés démocratiquement exprimées. Aux dernières élections municipales, la fermeture de l’aérodrome figurait dans les projets annoncés. Vous connaissez les résultats de ces élections. Il faudra vous y ranger.
Veuillez agréer, Monsieur, l’expression de mes sentiments les meilleurs.
M. Gilbert Meyer
Député-Maire de Colmar