Colmar, le 17 janvier 2002
Président de la Ligue d’Alsace de
Parachutisme
1, quai de Flassmatt
67200 STRASBOURG
Monsieur le Président,
Je me réfère à notre entretien du 8 écoulé concernant le devenir de l’aérodrome de Colmar-Houssen. Je tenais à vous confirmer les propos que je vous ai tenus à cette occasion.
Je comprends que vous défendiez l’aviation sportive. Je ne suis absolument pas opposé à cette activité. Mais je tiens également à vous rappeler les raisons du projet de transfert des activités de l’aérodrome de Colmar-Houssen sur la base militaire de Meyenheim.
En tant que Premier Magistrat de Colmar, il est de mon devoir de veiller à la sécurité des Colmariens et à leur qualité de vie. Or, le cône d’envol a été élargi l’année dernière, suite à un arrêté préfectoral. Il s’étend désormais jusqu’au cœur de la ville. Les avions survolent donc régulièrement le périmètre urbain, mettant ainsi les habitants du centre ville en danger, du fait des risques de crash potentiel. Une récente actualité vient encore, malheureusement, de mettre le doigt sur cette question.
Par ailleurs, les nuisances sonores sont devenues de plus en plus insupportables pour les riverains, en particulier du fait des activités de voltige.
Aucune grande ville française n’est confrontée au même problème. Aucune autre ne possède d’aérodrome sur son territoire urbain, comme c’est le cas à Colmar. Le déplacement de l’aérodrome correspond donc à une réelle nécessité.
Pour autant, cela ne signifie nullement que les Colmariens ne disposeront plus d’aérodrome. Le projet que je présente prévoit un transfert des activités de l’aérodrome, et non une suppression pure et simple.
La base militaire de Meyenheim n’est pas située bien loin de Colmar ; elle est de surcroît idéalement desservie par le réseau autoroutier. Enfin, il est tout à fait possible de faire cohabiter les activités civiles et militaires, comme le prouve l’exemple de Strasbourg- Entzheim avant la fermeture de la base en 1994.
Je suis bien conscient, tout comme vous, du rôle de l’aviation sportive dans la découverte des activités aéronautiques et la formation des futurs pilotes. Je sais également la place qu’occupent les associations colmariennes parmi les associations aéronautiques françaises. Il est donc indispensable que le Centre-Alsace continue d’offrir à ces associations les moyens d’exercer leur activité. Pourtant, il n’est pas acceptable que Colmar soit l’entonnoir de l’ensemble des amateurs de tout l’Est de la France et d’ailleurs, donc aussi de ceux auxquels la pratique de l’aviation sportive a été interdite chez eux.
Mais il est tout aussi indispensable de permettre aux Colmariens de vivre en sécurité et en tranquillité. Colmar ne peut être le point de concentration de l’aviation sportive alsacienne et d’ailleurs.
J’observe que les événements se précipitent actuellement, non pas du fait de la Ville de Colmar, mais à la suite de la décision de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Colmar et du Centre-Alsace de dénoncer l’accord de gestion en vertu duquel elle exploitait la plate-forme.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes salutations distinguées.
M. Gilbert Meyer
Député-Maire de Colmar