Extraits de presse
 5.24. octobre 2002 L'aéroport sauvé jusqu'à fin 2005

L'aéroport sauvé jusqu'à fin 2005

Il reste trois ans pour trouver une solution de remplacement.

L'aérodrome de Colmar-Houssen gagne trois ans de sursis. Sur la base d'un protocole signé entre la Ville et la CCI qui fixe ses nouvelles modalités d'exploitation, il pourra poursuivre son activité jusqu'au 31 décembre 2005.

Et après ?

En présence d'un large public d'usagers de l'aéroport, le conseil municipal de Colmar a voté lundi un protocole d'accord qui prolonge l'ouverture de la plateforme jusqu'à fin 2005. La Ville et la CCI se déclarent favorables à la pérennisation de l'aviation d'affaires en Centre-Alsace, expriment leur détermination à réduire les nuisances sonores, et demandent l'établissement d'un code de bonne conduite entre les usagers, le gestionnaire et les services de l'aviation civile. Mais la convention ne remet pas en cause la recherche d'un site de substitution à l'initiative de la Ville. La CCI, qui reste gestionnaire de l'aéroport, précise dans le document les conditions de poursuite d'activité : la participation des collectivités locales au déficit d'exploitation à hauteur d'un concours annuel plafonné à 90 000 €, un financement partenarial (Etat, Région, Département...) pour les gros investissements sur la base d'une programmation ; une revalorisation des redevances aéronautiques, notamment pour l'aviation sportive.

Waehren marque sa différence

Le protocole d'accord a été adopté à l'unanimité moins une voix. Celle de Guy Waehren, responsable de l'association des riverains de l'aérodrome, qui a marqué sa différence au sein de l'opposition (Rassemblés) en votant contre. L'ancien chef de file des Verts colmariens estime que la convention permet aux partenaires de « revenir à la case départ ». Il pointe la chute de 43 % de l'aviation d'affaires. Elle représentait « 689 mouvements sur un total de 42 000 en 2001 dont 32 000 pour l'aviation sportive ». La suppression de la voltige depuis le mois de juin, n'est selon lui, que « l'arbre qui cache la forêt des autres nuisances ». Et surtout, il redoute une augmentation du fret de nuit, pour « rentabiliser une piste qui ne l'a jamais été ». Guy Waehren préfèrerait « qu'on cherche à rétablir une ligne commerciale régulière qui serait beaucoup plus tolérable pour les riverains ».

« La menace du crash »

Il apparaît bien isolé au sein de son groupe. Monique Marchal, opposée depuis le début à la fermeture de la piste, reproche au maire de « jouer sur la peur » en agitant la menace « du crash », alors qu'« en 50 ans, il n'y a jamais eu le moindre accident causé aux personnes au sol ». La porte-parole de Rassemblés plaide la cause de l'aviation sportive « pas aussi bruyante » que cela. Elle souhaite que l'activité de l'aéroport soit pérennisée au-delà du 31 décembre 2005. S'appuyant sur la volonté municipale de trouver un autre terrain, elle demande où est envisagé le transfert. Sans obtenir de réponse. Dominique Grunenwald (Dialogue et Action) explique avec une logique implacable « qu'il est impossible d'envisager la disparition de l'aéroport si on n'a pas de solution de remplacement immédiate à proposer ». L'ancien adjoint aux sports de Gilbert Meyer espère que « l'augmentation des redevances pour l'aviation sportive ne constitue pas un moyen détourné de faire disparaître cette activité. »

Principe de précaution

Rapporteur du dossier, l'adjoint Daniel Meyer réfute toute idée d'augmentation des vols de nuit. « Le protocole prévoit qu'ils ne pourront pas dépasser leur niveau actuel ». Il met en avant « le principe de précaution », se souvient « d'un crash près de la Foire aux Vins ». Et comme à chaque fois que la question revient sur le tapis, la Ville réaffirme que c'est la CCI qui a précipité les choses en dénonçant la convention des gestions de l'aéroport avant l'échéance de 2011. Dans notre esprit, « on avait une dizaine d'années de réflexion pour trouver une autre solution ». « Mais » reconnaît le maire, « j'ai profité de l'opportunité de la dénonciation par la CCI, pour réduire à 2005 la durée du contrat ». Gilbert Meyer persiste et signe : la présence d'un aéroport dans un ville constitue « un risque ». D'autant que la réglementation a changé. « Depuis l'arrêté préfectoral de juin 2001 qui étend le périmètre d'exposition au bruit jusqu'à la route d'Ingersheim, Colmar est la seule commune en France dont la moitié de la surface est incluse dans ce périmètre ». Et de conclure : « la ville n'a pas à s'adapter à l'aéroport ; c'est l'aéroport qui doit s'adapter à la ville

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Edition de Colmar

23 octobre 2002

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