Aérodrome
La CCI refuse le compromis
Suite à la médiation mandatée par Dominique Perben, ministre des transports, au sujet du conflit qui oppose la mairie de Colmar à la CCI et aux milieux économiques locaux sur la fermeture annoncée de l’aérodrome (voir nos précédentes éditions), une seconde réunion a eu lieu à la préfecture le 5 décembre dernier entre les parties concernées. Une proposition y a été présentée par le préfet, autorisant le fonctionnement jusqu’au 1er juin 2006. Mais si à cette date aucune solution de remplacement n’a été trouvée, le protocole stipule que l’aérodrome sera définitivement fermé le 31 décembre 2006. La CCI, gestionnaire de l’aéroport, refuse de signer ce qu’elle dénonce comme une " compromission de dupes ". Aucune solution de remplacement ne sera trouvée en six mois, déclare Gérard Fellmann, président de la CCI et du Centre-Alsace. La fermeture sera donc déclarée et nous refusons de nous en rendre coresponsables. Le salut de l’aéroport ne se trouve plus à Colmar, mais à Paris. " Dans un courrier adressé au ministre le 30 novembre, la CCI, l’Association des usagers de l’aéroport, le Medef Alsace, l’Aéroclub, l’Association des entreprises pour l’aéroport de Colmar-Houssen, les syndicats CFTC, CGT et FO, notamment, demandent à l’État, signataire d’une convention avec la Ville de Colmar courant jusqu’en 2011, de se positionner pour la conservation de l’aéroport. Jusqu’à ce jour, aucune proposition de la part de l’État, ni même un accusé de réception. "L’Etat comme la Ville de Colmar, joue le pourrissement de la situation ", déplore Jean-Noël Pfaff, président de la commission aménagement et transport. " Si l’État ne se reprend pas, poursuit Olivier Alméras, de l’association des usagers, au 1er janvier il n’y aura plus de gestionnaire. Ne resteront que deux choix : mettre en régie ou fermer. Et comme l’État ne semble pas vouloir mettre en régie..." Il ne reste plus que trois semaines à l’État pour se manifester. La CCI refusant de signer " un enterrement de première classe " à l’aéroport, l’absence de gestionnaire au 1er janvier entraînera la suspension des vols d’affaires. " Mais nous n’excluons pas la possibilité de lancer des recours, même si le combat semble perdu d’avance ", assure Gérard Fellmann.
Fl.C.
Journal l’Alsace
10 décembre 2005