Ne pas se laisser couper les ailes
Les récentes déclarations de Gilbert Meyer « Face à la rédaction » concernant la fer- meture de l’aéroport de Colmar-Houssen ont fait réagir Guy-Eric Oumier, chef-pilote de la société Air-Ailes. Il réclame avant toute décision un « débat démocratique ».
« L’avenir de l’aérodrome de Colmar doit être décidé dans le cadre d’une réelle concertation démocratique ».
Guy-Eric Oumier, chef pilote de la société Air-Ailes (installée sur le site de l’aéroport de Colmar- Houssen) réagit vigoureusement aux propos tenus par le député-maire de Colmar Gilbert Meyer dans le cadre d’une série d’interviews réalisées par les DNA (nos éditions du 14 septembre notamment). Pour Guy Oumier, « on ne balaie pas d’une série de déclarations la réalité d’une entreprise qui verse chaque année quelque 600000F de taxe professionnelle à la ville et qui rend de réels services ». Et de rappeler que de nombreux chefs d’entreprises ou personnalités de l’Est de la France (« Parfois au plus haut niveau de l’Etat... ») choisissent d’embarquer dans un des trois avions d’AirAiles à l’aéroport de Colmar-Houssen, plus facile d’accès et moins encombré que les deux autres plate-formes alsaciennes ». Selon Guy-Eric Oumier, les arguments de Gilbert Meyer en faveur d’un déménagement à Meyenheim ne sont pas fondés. Il est évident que la cohabitation avec des avions militaires se fera en notre défaveur : ils seront toujours prioritaires. Ce qui gènera nos activités: transport de personnalités ou de chefs d’entreprise (quand ils choisissent une compagnie privée, c’est que ces gens sont pressés...) ou transports sanitaires ou d’organes en attente de greffe. Dans ce dernier cas, il est évident que le trajet sur Meyenheim allongerait les délais ».
Irrémédiable
Quant à l’argument de la sécurité des riverains, Guy- Eric Oumier estime qu’il n’est pas techniquement fondé : Il ne faut pas raconter n’importe quoi... C’est trop facile de faire peur en manipulant un sujet que l’on ne maîtrise pas.
Il existe des sociétés spécialisées dans l’évaluation des risques aéronautiques. Il suffit de demander un audit concernant Colmar-Houssen. Certes, le risque zéro n’existe pas, mais les accidents d’avion sont tout de même rarissimes. Si on suit ce même raisonnement, il faut limiter la vitesse en ville à 10km/h, installer des dos d’âne tous les mètres et arrêter les activités de Fessenheim ou de l’une ou l’autre usine chimique installée à proximité d’habitations » Dernier argument : « Supprimer l’aéroport, c’est priver irrémédiablement la ville et le centre-Alsace d’une infrastructure que bien des villes de moyenne importance nous envient ». Avec une flotte de trois avions (un jet Cessna Citation tout neuf, deux King Air à hélices à moteur turbopro- pulsé) et quelque 500 heures de vol par an, AirAiles se sent bien à Colmar-Houssen. Et entend y rester.
Michel Thevenin
Dernières Nouvelles d'Alsace 22 septembre 2001