1. Actualité

Petit rappel historique …

Créé dans les années 1950, l'aérodrome de Colmar a une activité d'aviation d'affaire et d'aviation générale. C'est aussi la première plate-forme de sports aériens d'Alsace avec deux aéroclubs, un centre de vol à voile et du parachutisme.

Le terrain est propriété de la Ville de Colmar. Il a fait l'objet d'une convention entre la Ville et le Ministre des Transports conformément à l'article L221 du Code de l'Aviation Civile. Son exploitation est déléguée à la Chambre de Commerce.

La convention signée en juin 1991 avec le Ministre des Transports oblige en principe la Ville à maintenir l'aérodrome en exploitation jusqu'au 17 juin 2011 au moins.

En 1999, l'élaboration du nouveau Plan d'exposition au bruit de l'aérodrome étend au nord de la Ville les servitudes de non construction et contrarie des projets municipaux. Le Maire appelle la population à se mobiliser contre le projet. C'est le premier maillon d'un enchaînement qui va conduire le Maire de Colmar, Gilbert Meyer, à décider la fermeture de l'aérodrome. Lors de la campagne municipale de mars 2001, il met au premier point de son programme électoral : "Le transfert de l'aérodrome de Colmar-Houssen sur la base militaire de Meyenheim et la réalisation d'une plate-forme économique sur le site actuel de l'aédrodrome"

Quatre années après, il n'y a aucun véritable projet de transfert sérieusement engagé.

L'aérodrome est défendu par la Chambre de Commerce, les grandes entreprises du bassin de Colmar et les associations aéronautiques. Un sondage IFOP réalisé en mars 2004 a fait apparaître que 86% des Colmariens veulent garder leur aérodrome …

2001 adoption du Schéma directeur Colmar-Rhin-Vosges

Ce document d'urbanisme comporte une partie relative à l'aérodrome de Colmar-Houssen qui autorise sa reconversion en zone d'activité. C'est le premier acte administratif qui ouvre la voie à la fermeture du terrain. L'Association des Usagers attaque aussitôt au Tribunal Administratif de Strasbourg.

18 décembre 2002 : la Ville de Colmar signe avec la Chambre de Commerce un Protocole autorisant cette dernière à poursuivre l'exploitation de l'aérodrome jusqu'au 31 décembre 2005. La Ville s'engage en contrepartie à rechercher une solution de transfert pour l'aviation commerciale. Les deux parties s'accordent la possibilité de prolonger ce Protocole par périodes annuelles dans l'attente d'une solution.

Juillet 2004 : le Tribunal administratif annule le Schéma directeur. Quelques jours avant la notification du jugement, le Maire de Colmar déclarait dans les Dernières Nouvelles d'Alsace : "Le débat sur l'aéroport est clos. Il a eu lieu en 2001 avec l'adoption du Schéma directeur".

Novembre 2004 : une nouvelle enquête est confiée à une Commission de trois personnes désignées par le Tribunal Administratif. En 2001, seule l'Association des Usagers avait manifesté son opposition à la partie du Schéma directeur concernant l'aérodrome. Cette fois, il s'est produit une véritable mobilisation pour Colmar-Houssen. Et la grande nouveauté par rapport à 2001, c'est l'intervention du monde économique : les plus grandes entreprises du bassin de Colmar prennent fait et cause pour l'aérodrome.

Janvier 2005 : le maire annonce qu'il ne reconduira pas le Protocole du 18 décembre 2002 au 1er janvier 2006 (voir ci-dessus). Mais la convention entre la Ville et le Ministre des Transports est toujours en vigueur et la Chambre de Commerce a fait connaître son intention de continuer l'exploitation de l'aérodrome. La situation est confuse au plan juridique.

Avril 2005 : la ville dévoile son projet de Plan local d'urbanisme. Il prévoit l'implantation d'une prison et "l'extension du potentiel économique" sur l'aérodrome.

Le maire confirme devant la presse sa volonté de fermer l'aérodrome en janvier 2006. "La cause est entendue !"

mai 2005 : le rapport de la Commission d'enquête pour le Schéma directeur est publié. Ses conclusions sont favorables à l'aérodrome. La Commission demande la radiation de la phrase : "Dans l'hypothèse d'un transfert, le Schéma autorise la reconversion en zone d'activité". En l'absence de levée de cette condition, l'avis final de la Commission doit être considéré comme défavorable pour la totalité du Schéma.

17 mai 2005 : création de l'Association des Entreprises pour l'aéroport de Colmar-Houssen. L'ADEPACH regroupe 300 entreprises adhérentes.

On ne pouvait espèrer meilleur résultat à notre mobilisation de novembre 2004. L'avis défavorable de la Commission oblige le Syndicat mixte Colmar-Rhin-Vosges à réunir de nouveau son assemblée générale, composée des délégués de 63 communes. L'avis de la Commission ne s'impose pas à l'assemblée qui peut passer outre et revoter le texte initial. Mais treize communes se sont déjà prononcées publiquement pour le maintien de l'aérodrome.

2 juin 2004 : le SYndicat mixte Colmar-Rhin-Vosges réadopte en assemblée générale le Schéma directeur sans tenir compte de l'avis de la Commission d'enquête. Mais les délégués n'ont pas été convoqués régulièrement et la séance se déroule sous l'oeil goguenard des représentants de l'Association des Usagers accompagnés d'un huissier qui note conscientieusement toutes les irrégularités.

16 juin 2005 : coup de théâtre ! Le Syndicat a reconvoqué en urgent son assemblée générale pour recommencer la procédure. La séance du 2 juin avait toutes les chances d'être annulée au Tribunal. Le Schéma est à nouveau réadopté mais plusieurs délégués demandent à voter sur le rapport de la Commission d'enquête et le Président refuse.

25 juin 2005 : manif pour l'aérodrome devant la Préfecture ! 300 personnes viennent manifester devant les grilles de la Préfecture à l'appel des organisations syndicales et de l'association des usagers. Une nouvelle manif de plus grande ampleur est annoncée pour l'automne.

août 2005 : l'Association dépose un nouveau recours contre le Schéma directeur.

8 juillet 2005 : le maire envoie un courrier à tous les commerçants et artisans de Colmar pour dénigrer l'aérodrome et attaquer la Chambre de Commerce. L'Association des Usagers répond par un courrier circulaire à près de 1000 commerçants du centre ville "Les grandes enseignes commerciales ne se feront pas prier pour des espaces libérés près du centre ville". Il s'avère en effet qu'un mouvement de commerçants se fait jour contre la fermeture. On craint l'arrivée de surfaces commerciales concurrençant le centre ville.

9 juillet 2005 : le MEDEF Alsace prend position publiquement pour l'aéroport dans les Dernières Nouvelles d'Alsace. En représaille, le maire diffuse le 12 juillet une lettre ouverte diffamatoire à l'encontre de la Présidente du MEDEF.

juillet-août 2005 : consultation publique pour la préparation du PLU de Colmar.

La Ville soumet à l'avis du public le Plan d'Aménagement et de Développement Durable (PADD), document préparatoire au futur Plan Local d'Urbanisme de Colmar. Le PADD propose de créer un site à "vocation économique" à la place de l'aérodrome. Un registre d'observation est tenu à la disposition du public. A la clôture de l'enquête le 31 août, le registre est rempli d'observations et de courriers en faveur de l'aéroport qui aura été une fois de plus le thème dominant du débat public.

5 août 2005 : Michel Sardou se pose à Colmar-Houssen pour un concert à la Foire aux Vins et signe la pétition pour l'aérodrome. "Je veux bien signer la pétition car je ne peux pas supporter qu'on ferme un aéroport".

août 2005 : la CCI diffuse un numéro spécial de son Bulletin intitulé "Aéroport de Colmar : l'avenir du centre Alsace menacé" en réponse au courrier du maire aux commerçants.

13 septembre 2005 : les Journées de la Défense Nationale se tiennent à Colmar en présence du Ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie. Syndicats, associations et entreprises pour l'aéroport veulent saisir l'occasion pour une manif en centre ville. Mais le Préfet interdit la manif et demande à recevoir une délégation en Préfecture, en présence du conseiller technique de Michèle Alliot-Marie. La délegation est menée par la Chambre de Commerce. C'est la première manifestation officielle associant publiquement toutes les composantes de la défense de l'aéroport : CCI, entreprises, MEDEF, Union des Industries Métallurgiques, CFTC, CGT, FO, Syndicat National de l'Aviation Civile, élus locaux et usagers de l'aérodrome. "L'Alsace n'aime pas les tyrans affirme un chef d'entreprise !". L'opération est fortement médiatisée.

21 septembre 2005 : séance de comité directeur à la Communauté de Communes de la Vallée de Munster. Alors que ce point n'est pas à l'ordre du jour les délégués des communes de la vallée exigent que la Communauté prenne officiellement position pour le maintien d'un aéroport en centre Alsace.

29 septembre 2005 : le maire intervient devant 150 commerçants et artisans du centre ville pour un débat sur l'avenir du commerce de centre ville. Il réaffirme sa décision de fermer l'aéroport pour y implanter des "entreprises de haute technologie" et sort comme un lapin d'un chapeau l'idée d'un héliport !... "C'est un moyen de transport plus populaire et plus accessible que l'avion". Il affirme qu'il n'y aura pas de "zone commerciale bis" à la place de l'aéroport. Mais quelques instants après, il est question de faire venir un Décathlon au nord de Colmar !...

6 octobre 2005 : la commune de Fréland, en vallée de Kaysersberg vote une motion pour l'aéroport.

15 octobre 2005 : à l'appel de la Chambre de Commerce, de l'Association des Usagers, de la CFTC, CGT, FO et du Syndicat National de l'Aviation Civile les défenseurs de Colmar-Houssen se rassemblent à 14h30 devant l'aérogare pour une marche jusqu'à l'Hôtel de Ville.

La "manif" est un succès inespéré : au moins 1100 à 1200 personnes selon les Renseignements Généraux. Du jamais vu dans les rues de Colmar ! Comme un bonheur n'arrive jamais seul, le maire a fait filmer les manifestants et fait de la vidéo un usage qui se retourne contre lui. Il prétend avoir compté les Colmariens présents à la manif et évalue leur nombre à 30% des participants. Mais surtout, il a la stupeur de reconnaître parmi les manifestants l'un de ses propres conseillers municipaux. Ce dernier est immédiatement sanctionné ce qui crée un choc dans le petit monde Colmarien et un malaise dans la majorité municipale.

Pendant une semaine toute la ville se gausse de l'aptitude du maire à identifier les Colmariens à leur bonne tête sur une vidéo. L'affaire de la caméra cachée multiplie l'effet médiatique de la manif à la plus grande joie des défenseurs de l'aérodrome.

20 octobre 2005 : la menace de fermeture de Colmar-Houssen est évoquée en séance budgétaire au Conseil Général du Haut-Rhin. Deux conseillers généraux, également adjoints au maire et membres éminents de la majorité municipale, plaident pour un sursis à la fermeture. Jusqu'à présent, l'équipe municipale respectait l'omerta sur l'aérodrome : domaine réservé du maire.

21 octobre 2005 : le Ministre des Transports donne mission au Préfet du Haut-Rhin d'engager une "ultime médiation" entre la ville et la Chambre de Commerce. Des sites de remplacement devront être recherchés en Alsace pour les diverses activités basées. Mais la lettre de mission précise que l'Etat n'imposera aucune décision aux parties.

novembre 2005 : la médiation de l'Etat a commencé mais le maire de Colmar ne cesse d'affirmer que l'aérodrome fermera au 1er janvier 2006. La Chambre de Commerce considère que la médiation est ouvertement bafouée par le maire et en appelle directement au ministre des transports.

Selon un sondage publié par les DNA le 9 novembre, 75% des Colmariens considèrent comme une erreur la ferture de l'aérodrome.

décembre 2005 : le Préfet propose un compromis de dupes. L'exploitation serait prolongée de quelques mois durant la recherche de sites de remplacement, mais le protocole imposerait une fermeture ferme et définitive au 31 décembre 2006. Ce compromis est refusé par la Chambre de Commerce.

17 décembre 2005 : l'entreprise Liebherr publie un énorme communiqué d'une page complète dans la presse locale. Elle annonce un "changement de stratégie" du groupe en cas de fermeture de l'aéroport. Le soir même, une délégation composée de la Chambre de Commerce, des entreprises, des syndicats et des usagers est reçu par le maire et ses adjoints. Lorsque le maire, évoquant le communiqué de Liebherr, déclare qu'il y a de "bonnes délocalisations" la rencontre manque de tourner au réglement de compte à OK Coral.

19 décembre 2005 : le Conseil municipal de Colmar délibère sur le projet de Protocole Ville/CCI proposé par le Préfet. Le projet est approuvé mais la délibération est purement symbolique, la CCI ayant déjà refusé de signer ce texte. Cependant, la séance est houleuse et révèle des failles dans la majorité municipale. Roland Wagner, Conseiller général adjoint aux finances et donc l'un des principaux membres de l'équipe municipale, déclare officiellement son opposition au maire sur le dossier de l'aéroport.

22 décembre 2005 : le mandat de gestion de la Chambre de Commerce prenant fin au 1er janvier 2006, la Ville de Colmar redeviendra à cette date le gestionnaire en titre de l'aérodrome. Or le maire de Colmar fait savoir en réunion à la Préfecture qu'il refuse d'exécuter ses obligations. Il refuse également de reconduire la Chambre de Commerce.

23 décembre 2005 : la Préfecture sollicite les entreprises et compagnies aériennes basées pour leur demander d'assumer provisoirement l'exploitation de l'aéroport. Ces dernières refusent à juste titre. Elles n'en ont ni les compétences ni les moyens.

27 décembre 2005 : le Syndicat National de l'Aviation Civile demande au Ministre des Transports de réquisitionner la Chambre de Commerce pour la poursuite de l'exploitation.

30 décembre 2005 : réunion au matin à la DAC Nord Est. L'Etat refuse de réquisitionner la Chambre de Commerce. Il n'y aura donc plus de gestionnaire au 1er janvier 2006. En conséquence, la DAC prépare les notams pour restreindre Colmar-Houssen à un usage restreint au VFR de jour réservé aux aéronefs basés.

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