Extraits de presse
 5.85. 22 juin 2005 Les entreprises contre-attaquent

Les entreprises contre-attaquent

" Le maire de Colmar n’a pas juridiquement les moyens d’imposer la fermeture de l’aéroport de Houssen fin 2005 ". Voilà la réponse du monde économique à Gilbert Meyer, qui projette de fermer le site pour transformer ses 100ha en zone d’activités.

Sous la bannière de la CCI de Colmar, les chefs d’entreprise centralsaciens se sont constitués en association de défense de la plate-forme. Ils ont mandaté son président Gérard Fellmann pour aller en justice, s’il le faut.

La bataille de l’aéroport de Colmar-Houssen fait rage. La vingtaine d’entreprises utilisatrices et les compagnies aériennes basées sur place refusent la suppression de l’outil aéroportuaire. Du moins tant que la solution (promise) d’une alternative acceptable n’est pas trouvée. La solution Meyenheim ayant fait long feu, l’hypothèse d’un transfert de l’aviation d’affaires sur l’Euroairport ne satisfait personne. Aujourd’hui, la CCI semble avoir trouvé la faille juridique susceptible de compromettre le projet municipal imminent de fermeture de la piste. Elle se fonde sur la convention signée entre la Ville et l’Etat en 1991 à propos de l’activité aéroportuaire à Colmar, qui court jusqu’en 2011. Conséquence : le maire n’aurait pas juridiquement la possibilité de décréter la fermeture de la plate-forrne fin 2005. La chambre consulaire en appelle à l’Etat pour faire respecter cet engagement contractuel et maintenir l’aéroport Colmar-Houssen, au nom du devoir d’assistance à entreprises en danger ". Plusieurs sociétés, comme l’équipementier automobile Mark IV à Orbey, utilisent la souplesse de la piste de Colmar-Houssen pour gagner des marchés et se développer. Nos ingénieurs doivent se déplacer très vite en Europe, faire un aller-retour dans la région. Si l’aéroport devait être supprimé, ce serait terrible pour nous", ne cache pas le directeur du site Jean-Luc Dejean. Outre l’intérêt de l’outil pour le maintien du tissu industriel local, la CCI estime que la fermeture de l’aéroport ne repose pas sur " un projet d’aménagement cohérent ". " Un tel équipement ne mérite pas d’être sacrifié pour créer une zone d’activités, alors qu’il existe 400ha de terrains disponibles dans le périmètre du Grand pays de Co1mar. "

Isabelle Nassoy

Zeller : " impact négatif "

Les opposants à la fermeture de l’aérodrome se recrutent aussi parmi les grands élus alsaciens, Adrien Zeller en tête : le président UMP du conseil régional a averti le directeur général de l’aviation civile d’un " impact négatif " sur l’économie locale. Le président UDF du conseil général du Haut-Rhin, Charles Buttner, s’est dit inquiet. Plusieurs parlementaires haut-rhinois ont dénoncé le projet du maire de Colmar. La députée Arlette Grosskost (UMP), les sénatrices Catherine Troendlé (VMP) et Patricia Schillinger (PS) ainsi que d’autres élus locaux ont signé la pétition de la CFTC contre la fermeture.

Lors de l’adoption du schéma directeur Colmar- Rhin-Vosges, la semaine dernière, plusieurs maires du centre-Alsace ont demandé que ce dossier soit retiré du document. Ils se sont inquiétés de l’avis défavorable de la commission d’enquête publique sur le schéma, qui a estimé que " tout préalable à l’évocation de l’hypothèse " de la fermeture de l’aérodrome devait " passer par un débat et un travail de réflexion à l’échelle de l’outil en question ". Seule la communauté d’agglomération de Colmar fait bloc derrière son président, Gilbert Meyer. Début juin, le conseil communautaire a approuvé le lancement d’une étude sur le sujet. N. C.

Dernières Nouvelles d’Alsace 22 juin 2006

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