Les interrogations des commerçants
Brûlant, le tarmac de Colmar-Houssen. Les partisans de l’aéroport et la municipalité mènent un
D’un côté, les professionnels colmariens sont sollicités pour adhérer à l’association des entreprises pour l’aéroport de Colmar-Houssen (ADEPACH), de l’autre, ils ont reçu une lettre explicative du maire sur les raisons qui justifient la fermeture de la piste. Dans un communiqué, la Fédération des commerçants, artisans et services de Colmar précise sa position. Selon elle, en l’état actuel, l’aéroport n’a " d’intérêt que pour la minorité d’utilisateurs " et sa suppression ne ferait " dans un premier temps qu’une toute petite poignée de mécontents ". Mais elle juge qu’un pôle économique et social tourné vers l’avenir, doit bénéficier d’infrastructures et de liaisons, aériennes notamment.
Repenser sa mission
La Fédération regrette l’absence de compagnies low cost comme Ryanair en Alsace, alors que cette société est présente sur les aéroports de Beauvais et Bergerac. Cela l’incite à se demander s’il n’aurait pas été utile de repenser la mission de service public de la plate-forme de Colmar-Houssen avant de prononcer sa fermeture ". Mais plus que tout, les commerçants s’inquiètent de la future affectation des terrains de l’aéroport. L’extension du commerce périphérique serait selon eux, fatal, au commerce de nos villes et de nos villages ". La Fédération a donc invité le maire a débattre avec ses professionnels de toutes ces questions le 15 octobre au CREF.
lndignation et lobbying
Entre échanges de lettres et prises de position, le débat sur l’avenir du tarmac de Colmar-Houssen génère un abondant courrier estival. Le syndicat SNACICFTC du personnel de l’aéroport de Colmar-Houssen n’a pas apprécié les termes de la lettre envoyée par le maire aux acteurs économiques de la région. Gilbert Meyer y qualifiait l’aérodrome d’ entonnoir des interdits d’ailleurs ". Dans un communiqué, la CFTC proteste contre des allégations fausses " qui " portent atteinte à la dignité des personnels dont le travail est de veiller à l’application de la réglementation ". Le syndicat détaille la répartition du trafic, histoire de montrer que l’activité de l’aérodrome n’est pas essentiellement sportive. Il s’inscrit aussi en faux contre l’affirmation municipale selon laquelle les emplois directs de l’aéroport sont inférieurs à dix. Selon lui, leur nombre est de 32. De son côté, l’Association des usagers de l’aérodrome a adressé un courrier à un panel de commerçants afin de rectifier " des informations erronées " données par le maire sur l’activité de la plate-forme, et les inviter à réfléchir sur leurs intérêts dans ce dossier avec la transformation du terrain en zone d’activités économiques. Avec un bel esprit de lobbying, l’association invite les commerçants que le sujet préoccupe, à saisir le préfet de leurs inquiétudes. I. N.
Dernières Nouvelles d’Alsace 5 juillet 2005