Dernières Nouvelles d'Alsace 24 avril 2005
DNA dimanche
Alors que la fermeture de l'aéroport est toujours d'actualité, une vingtaine d'élus se sont rassemblés hier à Colmar-Houssen pour une visite guidée. L'occasion de mieux cerner les enjeux et d'affirmer leur soutien aux professionnels et usagers.
L'idée de cette visite un peu particulière, c'est Joëlle Gérard qui l'a eue. La déléguée syndicale CFTC voulait que les élus viennent constater les enjeux sur le terrain. " J'ai contacté une soixantaine de mairies et même celle de Colmar. Une vingtaine de maires ont accepté de venir ou sont représentés ". D'autres se sont dit solidaires de l'action, mais ont préféré s'abstenir, craignant des répercussions politiques.
Jean-Louis Christ, député-maire de Ribeauvillé et Pierre Gsell, le conseiller général de la vallée de Munster, étaient bien là. A leurs côtés, la présence remarquée de deux " trublions " : Odile Uhlrich-Mallet, conseillère municipale récemment écartée du groupe majoritaire par le maire de Colmar, et François Heymann, premier magistrat de Sainte-Croix-en-Plaine, localité qui vient de quitter la communauté d'agglomération de Colmar.
Jusqu'à 300
mouvements/jour
Avant de faire le tour des infrastructures, Dominique Roth, le président de l'aéroclub, interpelle les élus sur les risques d'un abandon du site. " Une fermeture serait véritablement suicidaire. De plus en plus d'entreprises s'équipent en appareils et comptent sur notre plateforme pour se déplacer. Le transfert de l'activité à Meyenheim est un leurre, toute l'activité n'y serait pas absorbée ".
Jean-Louis Christ, manifestement réceptif à ces arguments, martèle son soutien au mouvement. " De nombreux industriels m'ont écrit pour me faire part de leurs craintes. Il se heurtent à un mur. Même si l'aéroport se situe à Colmar, il bénéficie à tout le Centre Alsace. L'argument économique ne tient pas, il y a assez de friches industrielles ailleurs. " Applaudissements nourris de l'assistance.
La visite se poursuit par la tour de contrôle. Joëlle Gérard fournit des explications supplémentaires. " Il y a à Colmar-Houssen jusqu'à 300 mouvements par jour. A peu près autant qu'à Strasbourg- Entzheim, même s'il y a bien sûr beaucoup moins de passagers ". Les chiffres étonnent certains élus, pas forcément au fait de l'ampleur du trafic.
Baptêmes
en planeur
Retour sur le tarmac. La pluie tombant, Pierre Gsell et Jean-Louis Christ trouvent refuge dans le hangar d'Airailes. La société créée en 1991 dispose de cinq appareils et emploie huit pilotes. La gérante, Brigitte Oumier, ne veut pas croire à une fermeture. " C'est une décision qui démontre une méconnaissance totale de notre métier et de tous les enjeux qui gravitent autour. C'est grave qu'une seule personne puisse prendre une décision qui concerne autant d'acteurs ".
La compagnie pourrait se rabattre sur Nancy, mais son attachement à Houssen, " une structure qui nous permet d'être flexibles et réactifs ", est fort.
Son mari Guy-Eric, pilote et fondateur d'Airailes, est également attaché à la sauvegarde de l'aéroport. Il a tenté un peu de lobbying auprès de passagers illustres. Christian Poncelet, par exemple, est un habitué d'Airailes. Informé des risques de fermeture, il aurait tenté de plaider pour l'aéroport auprès du premier magistrat de Colmar. Sans succès.
" Il faut rester optimiste "
Les élus en appellent au bon sens et assurent qu'ils plaideront la cause de l'aéroport auprès du maire de Colmar auquel revient la décision finale.
L'après-midi s'est achevée par une virée en avion, ou même en planeur pour les plus courageux, histoire de contempler leur circonsription sous un angle inédit. " Comme ça, notait Jean-Louis Christ, tout le monde pourra voir qu'il y a des friches industrielles un peu partout dans la région. "
" Une réussite, concluait Joëlle Gérard, même si tous les élus conviés ne sont pas venus, ceux qui étaient là ont pu voir comment nous travaillons. Beaucoup ont été surpris. Espérons qu'ils en parleront autour d'eux. Il faut rester optimiste ".
Christophe Gaignebet