Extraits de presse
 5.74. 15 avril 2005 AirAiles en pleine ascension

Journal l'Alsace 15 avril 2005

Airailes en pleine ascension

Basée à l'aéroport de Colmar-Houssen, la compagnie d'affaires Airailes aura bientôt six avions. Elle devrait embaucher trois nouveaux pilotes. La nouvelle est réconfortante : la conjoncture n'est pas morose pour tout le monde. Pour la somme très rondelette de 5,8 millions de dollars, la compagnie d'aviation d'affaires colmarienne Airailes a fait il y a quelques mois l'acquisition d'un quatrième appareil, avec le concours de l'investisseur François Schneider, qui avait redynamisé les Grandes Sources de Wattwiller avant de céder l'entreprise au groupe belge Spadel. Présenté hier à l'aéroport de Colmar-Houssen, où est basée la compagnie, le nouvel avion d'Airailes est un Cessna CitationJet 2. Guy-Éric Oumier, le chef-pilote, est allé chercher ce petit dernier chez le constructeur américain en décembre dernier, à Wichita, dans le Kansas. Avec un second pilote, il l'a ramené en France d'une seule traite : " On est parti un samedi à 9 h, heure américaine. On est arrivé à l'aéroport de Paris Le Bourget le lendemain dimanche à 6 h, raconte-t-il. Nous n'avons fait escale que pour ravitailler : à Thunder Bay, à la frontière entre les États-Unis et le Canada ; à Iqalit, dans le grand nord canadien, puis en Islande, à Reykjavik ".

È 12 500 mètres

Fondée en 1991 par Guy-Éric Oumier et son épouse Brigitte, qui pilote l'entreprise, Airailes avait déjà trois avions : un Superking Air B200, un King Air 90 et un premier biréacteur CitationJet arrivé en 2000 : " On a été les premiers à exploiter ce type d'appareils de nouvelle génération. Ce sont des avions qui volent très haut, à 12 500 mètres, au-dessus des avions de ligne. Ils sont très silencieux, consomment moins et polluent donc moins ", commente le chef-pilote.

Relier Colmar au Moyen-Orient

L'essor d'Airailes va se poursuivre : la compagnie s'apprête à acquérir deux avions de plus. Sa flotte passera ainsi de quatre appareils — dont deux basés au Bourget — aujourd'hui à six appareils dans quelques semaines. " Ces deux avions, dont l'un sera neuf, représentent un nouvel investissement de huit millions d'euros ". Pour accompagner cette croissance, trois pilotes supplémentaires devraient être embauchés. Ils rejoindront une équipe d'actuellement 11 personnes, dont huit pilotes. Le chiffre d'affaires d'Airailes, 2,2 millions d'euros en 2004, devrait suivre dès 2005 une même trajectoire ascendante. Et le rayon d'action de la compagnie s'élargir : " Avec le nouvel avion, on prévoit de relier Colmar au Moyen-Orient dans les prochains mois ".

Dutronc, Jugnot, Barthez…

Le transport d'hommes d'affaires et de personnalités représente près de la moitié de l'activité de la compagnie. " Les biréacteurs nous ont amené une clientèle prestigieuse, se réjouit Guy-Éric Oumier. On travaille pour des entreprises du CAC 40 ; des personnalités du show business (N.D.L.R. : comme Jacques Dutronc ou, tout dernièrement, Gérard Jugnot, Elsa, etc.) ou du sport. On a par exemple transporté Fabien Barthez et on aura sans doute Zinedine Zidane. Des hommes politiques font aussi appel à nos services. On a déjà travaillé par exemple avec les municipalités de Mulhouse ou Strasbourg ", détaille Guy-Éric Oumier. Qui ajoute : " Mais jamais Colmar… " (lire aussi l'encadré).

Fret et transport sanitaire

L'autre moitié de l'activité d'Airailes se partage entre le fret urgent et le transport sanitaire : transport d'organes pour des greffes ou rapatriement de malades ou de blessés, à l'instar de cet avion d'Airailes parti hier pour le sud de l'Italie dans le cadre d'une évacuation sanitaire.

François Fuchs

" Si Colmar-Houssen ferme, on devra délocaliser "

Guy-Éric Oumier, le chef-pilote d'Airailes, continue de miser sur l'aéroport de Colmar-Houssen et ne veut pas croire à sa fermeture : " Les deux nouveaux avions que nous recevront en mai y seront basés. On croit de manière très optimiste à l'avenir de cet aéroport ", souligne celui qui est l'un des plus ardents défenseurs de la plateforme. " La quasi-totalité des grandes entreprises d'Alsace fait appel à nous. Et beaucoup ont souligné dans une lettre publique leur attachement à l'aéroport, rappelle le pilote. Colmar est le seul aéroport en Alsace qui permette à des hommes d'affaires de décoller le matin avant 6 h et d'atterrir à toute heure. En gros, Strasbourg ferme à l'aviation d'affaires à 23 h et Bâle-Mulhouse à 23 h 30. È Colmar-Houssen, on peut décoller 24 heures sur 24 sur simple préavis ". Si Gilbert Meyer, le député-maire de Colmar, va jusqu'au bout de sa volonté de fermer la plateforme ? " Dans la mesure où il nous faut un aéroport ouvert 24 heures sur 24, nous devrons délocaliser en Lorraine ou en Franche-Comté ", dit Guy-Éric Oumier. Ce jugement à la clé : " Dans un contexte économiquement difficile, le maire de Colmar fait peu de cas des entreprises du secteur ".

F.F.

14 000 heures de vol

Né à Tours, Guy-Éric Oumier, le chef-pilote d'Airailes, a grandi à La Baule. Il est arrivé en Alsace en 1979, pour parfaire une formation de pilote débutée dans l'Aéronavale, où il avait plus tôt fait ses premières armes dans le contrôle aérien : " Je suis venu en Alsace parce qu'il y avait une école spécialisée dans le pilotage sans visibilité, aux instruments ", explique-t-il. Le pilote y est resté et il s'y est forgé une solide expérience : à 49 ans, Guy-Éric Oumier franchira ce mois d'avril le cap des 14 000 heures de vol.

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