Extraits de presse
 5.72. 2 avril 2005 Une fin de non recevoir à la délégation CFTC

" Une fin de non recevoir "

Le maire de Colmar a reçu hier matin les responsables de la CFTC du Haut-Rhin, inquiète des menaces de fermeture de l'aéroport. " Nous allions à cette entrevue avec un esprit réellement ouvert au dialogue, mais nous nous sommes heurtés à une fin de non-recevoir. Le maire n'a pas voulu entendre nos arguments. Pour lui, la cause est entendue ". Alain Kauffmann, secrétaire général de l'union départementale CFTC du Haut-Rhin, et Joëlle Gérard, membre du Syndicat national de l'Aviation civile (SNAC) CFTC, exprimaient une grande déception hier matin, à l'issue de leur entrevue avec Gilbert Meyer, maire de Colmar, au sujet de la volonté de ce dernier de fermer la plate-forme aéroportuaire de la ville. Le moratoire signé fin 2002 arrive à échéance en décembre prochain. " Si la CFTC, syndicat de salariés, se préoccupe de l'avenir de l'aéroport, c'est que sa fermeture ne serait pas sans conséquences sur l'économie du bassin de Colmar, et donc sur l'emploi. Colmar et sa région ont déjà été très touchées ces derniers temps ", insiste Alain Kauffmann, en rappelant que l'augmentation du chômage en Alsace était très supérieure à la moyenne nationale. Et de citer les fermetures de Milupa ou Vishay, à Colmar, ou encore les plans sociaux dans la vallée de Munster. Le syndicat a été sensibilisé à l'avenir de l'aéroport par la conférence de presse organisée il y a environ un an par 23 grandes entreprises de la région, qui insistaient sur l'importance de cet " outil vital " pour leurs activités. De Gefco à Liebherr ou Timken, toutes évoquaient les déplacements de cadres, l'envoi de pièces urgentes pour leur service après-vente. D'autres, comme Mark IV, à Orbey, soulignaient que la présence de la plate-forme colmarienne avait été déterminante dans l'implantation d'une unité par leur groupe. " L'aéroport de Colmar, c'est 3000 mouvements d'aviation d'affaires par an ; le transport d'organes pour des greffes urgentes, deux évacuations sanitaires par semaine ; l'hélicoptère de la Rega, la protection civile suisse, se ravitaille deux à trois fois par mois dans le cadre de ses missions ; celui de la Sécurité civile de Strasbourg utilise aussi nos pistes : lors de l'avalanche mortelle du 13 mars, il s'est ravitaillé sur notre plate-forme. " L'aéroport colmarien remplit donc une mission de sécurité civile et de service public importante, selon Joëlle Gérard, qui est également salariée de l'Aviation civile. Ce service de l'état assure le contrôle aérien 24 heures sur 24 toute l'année à Colmar. " La plate-forme contribue aussi au tourisme dans la région, avec ses retombées économiques : plus de 9500 mouvements privés venus de France ou de l'étranger en 2003 ". Et de souligner qu'une décision de fermeture de l'aéroport de Colmar ne peut être prise que par le ministre des Transports, dont dépend l'aviation civile. " Nous n'avons pas pu développer nos arguments, déplore Alain Kauffmann. Nous avons été surpris par la position tellement arrêtée de notre interlocuteur. Pour lui, la cause est entendue et n'est pas négociable. Il nous a dit avoir besoin de ces terrains pour des projets de développement économique de la ville, mais n'a pas voulu préciser lesquels. Pour nous, le dossier semble vide ".

J.-L.V.

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