Extraits de presse
 5.70. 16 mars 2005 Pour le Maire, la cause est entendue

Aéroport : la cause est entendue

Colmar a impérieusement besoin des 110 ha de l'aéroport de Houssen pour pouvoir proposer des terrains à de futurs investisseurs, a répété lundi le maire à la gauche qui l'exhortait à la concertation sur le dossier.

Lors de l'examen du budget primitif, Monique Marchal porte-parole de Rassemblés s'est étonnée de ne pas retrouver dans le document la provision" astronomique " de 3 millions d'euros pour le transfert de l'aérodrome. Et elle se demande si le déménagement est toujours d'actualité, et tance le maire : " Si les Colmariens constatent que l'on ferme l'aéroport et que vous ne proposez aucun bonus économique, seront-ils toujours à vos côtés lors des prochaines élections ? "
L'élue d'opposition redoute de voir de gros employeurs quitter Colmar pour une ville plus propice à leurs activités. Elle rappelle que 21 grandes entreprises ont signé la pétition en faveur du maintien de la plate-forme.

" Antidémocratique "

Ses critiques portent surtout sur la méthode municipale adoptée dans cette affaire. " Il n'y a eu aucun débat, aucun audit, aucune concertation avec les responsables économiques du secteur. Décider seul au sujet d'un outil aussi important, est un acte antidémocratique, méprisant pour vos concitoyens, et irréfléchi ", lance-t-elle au maire. Avant de demander " solennellement " une réunion avec les acteurs économiques, les élus de la CAC et du Grand pays, pour décider démocratiquement de l'avenir de l'aéroport.
Côté municipalité, la cause de la plate-forme de Colmar-Houssen est entendue. Une nouvelle fois, Gilbert Meyer reprend son argument favori : " C'est la CCI (NDLR : et pas la Ville) qui a dénoncé en 2001 le traité d'exploitation qui courait jusqu'en 2011. Si l'aéroport était tellement essentiel, pourquoi a-t-elle dénoncé le contrat ? "
Sur le fond, cette rupture arrange les affaires de la Mairie. Cela lui permet de récupérer une confortable réserve foncière pour de futures implantations. Inespéré. " Car aujourd'hui, ni la Ville, ni la CAC ne dispose d'une parcelle de plus de 3 ha à proposer à de futurs investisseurs. Il s'agit de placer ces 110 ha dans le développement économique de la grande région de Colmar ", confirme Gilbert Meyer. Et d'ajouter : le foncier appartient à la Ville et c'est à elle de décider.

Le Voralberg, pas à portée d'aile

Mais il s'est aventuré en terrain miné lorsqu'il a mis en doute la validité des arguments de plusieurs entreprises utilisatrices. La société Knauf évoque 4 000 emplois, " mais n'en compte que 70 dans la région colmarienne, à Wolfgantzen. Et si Knauf s'est implantée dans cette commune, j'y suis pour quelque chose. Car j'ai soutenu le maire de l'époque pour la révision anticipée du schéma départemental d'aménagement et d'urbanisme ", dit Gilbert Meyer.
Concernant les besoins de Liebherr dont le président atterrit à Colmar, le maire a des doutes. " Le groupe a son siège dans le Voralberg. Et là-bas, l'aéroport le plus proche se trouve à 45 minutes de voiture. Ne me faites pas croire que Liebherr est suspendu à Colmar/Houssen. Bâle/Mulhouse est à 35 minutes et Entzheim à 45 minutes ". S'il re reviendra pas sur sa décision de fermeture, Gilbert Meyer se dit prêt à rencontrer les entreprises une nouvelle fois.
Mais sur un dossier aussi sensible, risquer de compromettre l'économie d'aujourd'hui pour favoriser celle de demain, ne relève-t-il pas d'un calcul hasardeux ?

Dernières Nouvelles d'Alsace - Mer 16 mars 2005

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