Extraits de presse
 5.61. 30 juin 2004 Mobilisation patronale

Journal l’Alsace

Aéroport de Colmar : mobilisation patronale

25 entreprises d’Alsace centrale utilisatrices de la plate-forme colmarienne ont pris position contre la fermeture de la structure, en sursis jusqu’au 31 décembre 2005.

Le terrain d’aviation de Colmar-Houssen représente une emprise de plus de cent hectares d’un seul tenant dont la Ville de Colmar est propriétaire. Par une convention de vingt ans valable jusqu’en 2011, la Ville s’est engagée à exploiter et entretenir les installations, tandis que l’État assure le contrôle aérien et la sécurité. L’exploitation avait été concédée à la Chambre de commerce et d’industrie de Colmar. Celle-ci, estimant ne pas pouvoir assumer une exploitation déficitaire a dénoncé son contrat en mars 2002. Condamné de fait à la fermeture, l’aéroport est en sur- sis jusqu’au 31 décembre 2005, suite à une nouvelle convention qui doit permettre la recherche d’une solution de repli pour l’aviation d’affaires. Les différentes catégories d’usagers, les clubs, se sont lancées depuis près de deux ans et demi dans un bras de fer pour éviter la

fermeture. Aujourd’hui, c’est le monde économique qui, pour la première fois, s’est exprimé officiellement contre la fermeture du site colmarien, à l’occasion d’une conférence de presse tenue hier dans l’aérogare.

Facilitateur d’affaires

Une vingtaine de dirigeants représentant 25 entreprises d’Alsace centrale y ont pris part. « Elles sont utilisatrices de l’aéroport dans le cadre de la gestion de leurs affaires. Ne supprimez pas notre outil de travail », a lancé Francis Rebert, membre de la direction de Liebherr France, au nom des entre- prises utilisatrices, qui représentent près de 17 000 emplois. Pour les chefs d’entreprises, l’aéroport est un « facilitateur d’affaires pour le tissu des PME de Moyenne Alsace». Ils estiment que, concernant la plate-forme colmarienne, on ne peut pas raisonner en terme de trafic de passagers, mais en terme d’implantations, de contrats et d’affaires réalisées : il est clair que la proximité de l’aéroport de Colmar a été un facteur clé dans l’implantation de gros pourvoyeurs d’emplois tels que Liebherr, Timken, Sony ou Knauf», relève Yves Blondel, de la direction de Knauf, représentant aussi Alsair, compagnie basée à Colmar. Il met aussi en avant le transport de médecins dans le cadre de greffes d’organes, le fret pour des entreprises de la région, l’assistance technique ou le service après vente. Pour les entrepreneurs, seule une plate-forme comme celle de Colmar, ouverte 24 heures sur 24, équipée pour l’atterrissage tout temps, offre la souplesse et la disponibilité instantanée dont les entreprises ont besoin. Des attraits que les chefs d’entreprises nient aux aéroports de Strasbourg et Bâle-Mulhouse : saturés, modernes, mais orientés dans le transport en nombre sur des lignes régulières alors que nous avons besoin d’aller rapidement de point à point ».

Pour Karl Weisskopf, directeur de Liebherr international, si l’aéroport de Colmar disparaît, cela pourrait avoir des conséquences sur les investissements ici. Aujourd’hui un aéroport à dix ou quinze minutes est déterminant dans nos implantations ».

692 mouvements commerciaux ont été enregistrés en 2003 à l’aéroport de Colmar contre 544 l’année précédente. Les entreprises utilisatrices ont alerté le mois dernier trois ministres (Nicolas Sarkozy, Gilles de Robien et Domnique Perben) qui n’ont pas encore répondu à leur courrier..

J.- LV.

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