Le 1er mars, l'Assemblée Générale de la CCI reçoit le Maire de Colmar pour un échange sur la toute nouvelle Communauté d'Agglomération (DNA du 2 mars 2004). La réunion tourne directement à l'affrontement direct entre le Maire et le Président de la Chambre de Commerce au sujet de l'aéroport.
"Il ne faudrait pas que l'on raye de la carte cet aéroport propice à l'aviation d'affaire" (le Président de la CCI)
"Le projet de fermeture figurait dans mes propositions électorales. Vox populi ! Je suis maire. Mes impératifs ne sont pas les votres"
La discussion s'envenime lorsque le Maire reproche à la CCI d'avoir dénoncé en novembre 2001 le contrat de gestion de l'aérodrome. Le Président réplique vertement sur le projet de la prison, "une espèce de forteresse avec miradors et barbelés à un jet de pierre de la future statue de la liberté !".
Au cours de cette réunion, le Maire annonce : "J'ai eu l'autorisation du Ministère de la Défense pour une co-utilisation de la base aérienne de Meyenheim. Je travaille avec le colonel. Je m'engage à mettre tout mon poids pour que le futur site ait la même souplesse d'utilisation pour l'aviation d'affaire que le site actuel". L'Armée de l'Air confirme que la base pourrait accueillir les 3000 mouvements de l'aviation d'affaire (DNA du 3 mars). Le Ministre de la Défense est d'accord pour qu'une emprise soit rétrocédée pour une activité civile. Mais l'Armée ne mettra pas un sous dans le projet. Elle précise par ailleurs que la réalisation du projet relève de la décision du Ministre des Transports.
Dans les jours qui suivent, la relance du projet de Meyenheim provoque une vive réaction de l'aviation d'affaire (DNA du 4 mars) et une nouvelle levée de bouclier des communes voisines de la base aérienne.
La prise de position de la CCI et des entreprises en faveur du terrain a produit une forte impression sur le public. L'aéroport est à nouveau au centre des conversations. C'est le moment d'agir.
Le sondage IFOP
C'est le moment que choisit l'Association des Usagers pour commander à l'IFOP un nouveau sondage d'opinion sur l'aérodrome. Le précédent avait été réalisé en 2002 avec l'aide d'une équipe d'étudiants BTS du lycée Camille See. Cette fois, l'Association a recours à un organisme professionnel. C'est le concours financier de plusieurs entreprises de centre Alsace qui permettra de retenir l'offre de l'IFOP.
Le sondage est réalisé les 10 et 11 mars sur un échantillon de 500 personnes. L'opération était un pari risqué. Les résultats sont au delà de tout espoir.
A la question "Voulez-vous garder votre aéroport actuel ?", les Colmariens répondent OUI à 86 %
80 % des personnes interrogées estiment que l'aéroport est un atout économique pour la Ville, contre 51% lors du précédent sondage de 2002.
92 % des Colmariens considèrent ne pas subir de gène du fait de l'aéroport (88% en 2002).
79% sont opposés au projet de fermer l'aéroport pour faire place à une prison.
Au de ces résultats, Olivier Alméras, Président de l'Association des Usagers de l'aérodrome, organise le 16 mars une conférence de presse avec la participation des clubs et des compagnies basées. FR3, Radio France Alsace, l'Alsace, les Dernières Nouvelles d'Alsace et Alsachoc sont présents. M.Oumier (société Airailes) expose le point de vue de l'aviation d'affaire.
La journée du 17 mars est le plus beau coup médiatique réalisé à ce jour pour la défense de Colmar-Houssen. Toute la journée les radios locales répètent à chaque bulletin d'info les résultats du sondage. L'aéroport fait la une des pages locales de l'Alsace et des DNA.
Voici un extrait du dossier de presse. Les résultats complets du sondage seront prochainement publiés sur le site de l'Association
http://ailesdecentrealsace.ifrance.com
Radio NRJ 91.00 17 mars 2004
C'est le leur et ils veulent le garder. Les Colmariens veulent garder leur aérodrome ! En tout cas c'est le résultat d'un sondage IFOP mené les 10 et 11 mars derniers. 82% des 502 personnes sondées ont estimé que Colmar devrait conserver son aéroport actuel de Houssen, considéré par beaucoup comme un atout économique pour la Ville. La Mairie veut fermer la plate-forme et y construire une prison."
86 % pour le maintien de l'aéroport
86 % des Colmariens interrogés sont pour le maintien de l'aéroport de Colmar-Houssen. C'est le résultat sans appel qui ressort d'un sondage réalisé par l'IFOP à la demande de l'Association des usagers de l'aérodrome.
« Si le député-maire de Colmar est aussi attaché à la valeur de la "vox populi" qu'il le prétend, il va lui falloir revoir sérieusement sa position sur l'aérodrome ! »...
Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'Olivier Alméras, président de l'Association des usagers de l'aérodrome, buvait du petit lait hier matin, en annonçant les résultats du sondage IFOP réalisé à la demande de l'association (*).
Une consultation en quatre questions. Simples. D'où il se dégage une tendace... simple également.
*Souhaitez-vous que Colmar conserve son aéroport actuel ? Oui à 86 % (dont 47 % de « tout à fait »). En affinant par secteur, on s'aperçoit que le taux d'opinions favorables est quasi identique entre les quartiers nord et ceux du sud (86 et 85 %).
*Vous personnellement, êtes vous gêné par le fonctionnement actuel de l'aéroport de Colmar (par exemple : bruit et pollution).
92 % de « peu ou pas du tout », 8 % de « beaucoup » (3 %) ou « assez » (5 %).
*Pensez-vous que cet aéroport soit un atout économique pour la ville de Colmar ?
80 % de réponses positivives. La tendance est identique chez les cadres supérieurs (susceptibles d'avoir un jour à utiliser les services de l'aéroport en matière d'aviation d'affaire) que chez les ouvriers, retraités (« oui » à 82 % pour les plus de 65 ans) et inactifs.
*Etes vous favorables ou opposé au projet d'installer une prison à la place de l'aéroport ?
79 % des personnes interrogées y sont oppposées (dont 43 % de « très opposées »). 5 % seulement des Colmariens s'y déclarent « très favorables ». C'est chez les 25/34 ans qu'on trouve le plus d'opinions défavorables (85 %).
Faisant référence à un précédent sondage réalisé en 2002 par un groupe d'étudiants en BTS du lycée Camille-Sée, Olivier Alméras a constaté que la tendance pour le maintien de l'aéroport s'était renforcée (53 % se déclaraient à l'époque satisfaits de l'emplacement actuel de l'aéroport, dans un panel dont 47 % des personnes interrogées avouaient qu'elles n'étaient pas informées des projets du maire).
Et de conclure : « Ce sondage témoigne d'un véritable plébiscite pour l'aéroport. Le maire ne peut continuer à motiver sa décision de fermer l'aéroport par une prétendue volonté des Colmariens ! ». Autrement dit : le principe de la vox populi, ça fonctionne dans les deux sens...
Michel Thevenin
(*) Etude réalisée pour l'Association des usagers de l'aéroport de Colmar sur un échantillon de 502 personnes de 18 ans et plus, les 10 et 11 mars 2004. Pour la petite histoire, plusieurs entreprises colmariennes ont participé au financement de ce sondage.
Réactions