Le dossier
 4.7.32. 17 avril 2004 L'Association écrit à toutes les communes de la Hardt au sujet du projet de Meyenheim

Colmar, le 17 avril 2004

Monsieur le Maire,

La presse s’est récemment fait l’écho des projets de transfert à Meyenheim de l’activité de Colmar-Houssen. Le Maire de Colmar aurait reçu l’accord de la Défense Nationale pour la création une zone d’aviation civile dans l’emprise de la base aérienne 132.

Le projet affiché consisterait à transférer la seule activité d’aviation commerciale « IFR » évaluée à environ 3000 mouvements par an (cf Dernières Nouvelles d’Alsace du 3 mars 2004), à l’exclusion de l’aviation générale et sportive. En résumé, le projet du Maire consisterait à ne reloger qu’un peu moins du dixième de l’activité actuelle de Colmar-Houssen, dont voici les statistiques pour l’année 2003 (source Aviation Civile) :

Nature des vols

Mouvements

Vols IFR Commerciaux

3 318

Vols d’aviation générale

32 937

dont

Réacteurs et turbopropulseurs

1 404

Hélicos civils et militaires

627

Vols officiels, vols ministériels

569

Privés français non basés

4 286

Privés étrangers non basés

4 751

Aéroclubs basés ou non

21 300

C’est oublier qu’un aéroport a besoin d’une activité minimum pour être viable économiquement. Ses recettes commerciales sont principalement constituées par les taxes d’atterrissage et les redevances pour services rendus (handling, assistance au sol …). Il appartient à l’autorité gestionnaire, chambre de commerce ou syndicat mixte, d’assurer l’équilibre économique ou de rechercher les financements complémentaires.

Il est évident qu’aucun gestionnaire n’accepterait de prendre en charge l’exploitation d’un aéroport voué uniquement à 3000 mouvements pas an. Un tel équipement serait assuré d’un important déficit structurel.

Le projet présenté par le Maire de Colmar n’est donc pas réaliste, sauf à y inclure l’aviation générale et développer l’aviation d’affaires.

C’est l’actuelle vocation de Colmar-Houssen d’accueillir ce type d’activité. La plate-forme de Colmar assume un rôle spécifique, distinct de celui de Bâle-Mulhouse et de Strasbourg-Entzheim, grâce à sa proximité des entreprises de centre Alsace. C’est de ce point de vue une erreur d’évoquer une « surdensité » de la région en équipements aéronautiques (Dernières Nouvelles d’Alsace du 7 mars 2004).

Le projet de création d’une zone civile à Meyenheim est présenté comme un transfert d’aviation commerciale et d’affaire « représentant moins de 3000 mouvements » (DNA du 3 mars 2004 Cohabitation possible à Meyenheim ). Ce chiffre est irréaliste. Un aéroport à vocation commerciale nécessiterait une activité beaucoup plus importante pour être viable. Les données qui vous sont annoncées sont fausses.

Je suis à votre disposition pour vous apporter toute information complémentaire sur ce dossier et vous prie d’agréer l’assurance de ma considération distinguée.

Olivier Alméras

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