Extraits de presse
 5.57. 26 mars 2004 Le pigeonnier de Colmar

La guerre des airs

Les turbulences qui affectent les relations entre le député-maire de Colmar et le président de la Chambre de commerce de centre-Alsace au sujet de l'aérodrome de Colmar-Houssen se sont encore amplifiées ces derniers jours.

Dans un récent courrier à Gérard Fellmann, Gilbert Meyer dit n'avoir pas apprécié du tout d'avoir été interpellé sur le sujet de l'aérodrome alors qu'il était invité par la CCI pour s'exprimer sur le Grand Pays de Colmar et sur la communauté d'agglomération (DNA du 2 mars).
Le député-maire de Colmar est également très fâché que Gérard Fellmann ait « récidivé » (sic) le 16 mars devant le ministre Dominique Bussereau à Mulhouse (DNA du 17 mars).

« Comportements
et attitudes »

Une missive dans laquelle Gilbert Meyer rappelle une fois de plus le processus qui a conduit à envisager à terme la fermeture de la plate forme de Colmar-Houssen, au bénéfice du développement d'une zone économique.
23 octobre 2001 : révision du SDAU (Schéma directeur d'aménagement et d'urbanisme) avec fermeture à terme de l'aéroport
Janvier et juin 2001 : enquête publique. Laquelle n'a révélé « aucune observation ni contestation ».
Mars 2001 : campagne électorale des municipales et annonce du « changement d'affectation » du terrain de Colmar-Houssen.
Novembre 2001 : la CCI dénonce le contrat d'exploitation (NdlR : au motif que l'effet d'annonce de la suppression à terme de l'aéroport risquait d'avoir des conséquences désastreuses vis-à-vis des clients de la plate-forme).

« Sabordage »

Protocole d'accord pour la poursuite des activités de l'aéroport jusqu'à fin 2005. Protocole signé, selon Gilbert Meyer, « malgré les comportements et attitudes » du président de la CCI.

Des « comportements et attitudes » qui consisteraient, selon le maire de Colmar, à « saborder en coulisse et publiquement tout travail concernant la mise en route d'une alternative ». Avec pour preuve « vos propos au ministre (NdlR : Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat aux transports, qui participait le 16 mars à une réunion de travail à l'aéroport de Bâle-Mulhouse) sur la base d'un document écrit où vous parliez de « honte ».
Des termes particulièrement appuyés, sans aucune équivoque quant à un éventuel consensus : manifestement, le député-maire de Colmar quitte la table des négociations... alors même que le secrétaire d'Etat aux transports appelait à la concertation et se déclarait prêt à arbitrer ce dossier local (DNA du 17 mars).
Une attitude qui semble définitive puisqu'assortie de cette menace : « Au regard de tout cela, je m'interroge ! Faut-il réellement que j'aille plus loin pour trouver une alternative ou tout simplement m'en tenir à l'échéance du protocole d'accord qui arrive à son terme le 31 décembre 2005, avec une cessation d'activités ? J'avoue être fortement tenté par la dernière hypothèse. Vos « provocations » répétées et chaque fois en période électorale m'y poussent ».
La menace est à peine voilée : le député-maire de Colmar pourrait « laisser tomber » ses démarches auprès des autorités militaires pour un éventuel transfert des activités commerciales de Colmar-Houssen. Ce qui, soit dit en passant, ferait le bonheur des élus du secteur de Meyenheim (voir notamment les DNA du 7 mars).

« Actes terroristes"...

Et au cas où les arguments déjà avancés pour la fermeture de Colmar-Houssen ne suffiraient pas (nuisances, risque de crash, récupération des terrains pour une opération économique), Gilbert Meyer avance une quatrième « bonne raison » : « Sachez que je suis très préoccupé par les modalités et conditions de la plate-forme (...). C'est un véritable « pigeonnier ». Et d'évoquer d'éventuels « actes terroristes ».
Gilbert Meyer se dit même « anxieux » de constater que « cette plate-forme sans aucun contrôle est un terrain de prédilection pour toute mauvaise intention ». Et de conclure : « Mais peut-être votre « intégrisme » pro Colmar-Houssen vous fait-il oublier ces notions élémentaires touchant à la sécurité des populations ».
Des populations qui, il faut bien le dire, ne semblent pas plus traumatisées que cela : rappelons qu'un récent sondage IPSOS réalisé pour l'Association des usagers de l'aérodrome indique que 86 % des Colmariens sont pour le maintien de l'aéroport (DNA du 17 mars).
Un élément nouveau dans ce dossier auquel le député-maire de Colmar semble parfaitement insensible, puisqu'il conclut sa lettre ainsi : « Aucun argument ne pourra me faire changer d'avis ». Aucun changement de cap à prévoir, donc, de la part du commandant de bord du « Ville de Colmar ». C'est faire preuve d'une belle confiance dans ses instruments de navigation.

Michel Thevenin

Dernières Nouvelles d'Alsace

26 mars 2004

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