Extraits de presse
 5.53. 11 mars 2004 La fronde des communes riveraines

Meyenheim : la fronde

Le projet de délocalisation des activités de l’aéroport de Houssen à Meyenheim annoncé par Gilbert Meyer, député-maire UMP de Colmar (L’Alsace des 3 et 4 mars et « Dites-le » du 9 mars), fait réagir des élus de tous bords (voir aussi la position de Catherine Hoffarth, PS, dans le « Mon oeil » de ce jour).

Ainsi, le conseiller général sortant, maire d’Ensisheim, Michel Habig, a, dans un récent communiqué de presse, affirme solenellement « Pas d’aéroport civil à Meyenheim, sans concertation locale. » L’élu UMP y rappelle que l’ensemble des élus a été très surpris : « Le sentiment que des choses se trament dans le dos des acteurs locaux est très mal ressenti. » Et de trouver « surprenants », « les propos du responsable de la base aérienne qui évoque qu’une étude de faisabilité du transfert de l’aéroport de Colmar vers Meyenheim doit maintenant être engagée».

Dans son communiqué, Michel Habig a annoncé une réunion des élus du canton au sujet de cette polémique. Les maires, effectivement réunis samedi dernier et ulcérés par l’annonce à leur insu du projet de Gilbert Meyer, menacent de fronde ; « Donner à croire que de tels projets puissent se faire sans notre accord, c’est oublier que le vrai pouvoir de décision nous appartient. Ce pouvoir nous en userons pleinement. Rien ne sera fait: sans nous et contre l’intérêt du canton d’Ensisheim et de toutes les communes concernées. »

Les élus rappellent que la base aérienne ne peut ouvrir ses activités à l’aviation civile sans modification de (divers) documents d’urbanisme (plans locaux d’urbanisme, schéma de cohérence territoriale) » et que la décision de transformer la base ne relève pas de la compétence du ministre des Armées, même si la décision a besoin de son accord.

Afin que le projet évolue « dans la transparence » et que le débat s’ouvre à tous les habitants, les élus demandent d’ores et déjà la convocation de la commission consultative de l’environnement de la base aérienne de Colmar- Meyenheim », notamment pour rappeler au pouvoir militaire que les élus des communes directement concernés sont leur premier interlocuteur.

Le député éclaire le débat

Michel Sordi, député UMP de la 7ème circonscription du Haut-Rhin (dans laquelle se trouve implantée la BA 132 concernée par la polémique) a reçu une réponse au courrier qu’il a adressé à Michèle Alliot-Marie. Selon ces échanges de correspondance, la ministre confirme avoir adressé un courrier au député-maire de Colmar, en indiquant qu’elle ne s’oppose pas au transfert des vols de l’aérodrome de Colmar-Houssen vers la base aérienne de Meyenheim. Cependant la ministre précise que cette réponse ne vaut évidemment pas décision. En effet, il n’appartient pas au ministère de la Défense de décider de l’opportunité de déplacer une activité commerciale d’un aérodrome vers un autre : « Une telle décision est du ressort des autorités civiles et suppose une concertation préalable qu’il reviendra au préfet du Haut-Rhin de conduire le moment venu. »

Par ailleurs, le député vient d’écrire à Dominique Bussereau, secrétaire d’État au Transport et à la Mer, pour le sensibiliser au problème que pose le transfert et a joint à son courrier les communiqués de presse élaborés avec l’ensemble des maires concernés.

Journal l'Alsace 11 mars 2004

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