Extraits de presse
 5.50. 3 mars 2004 L'accord de la Défense pour Meyenheim

Cohabitation possible à Meyenheim

Le ministère de la Défense a autorisé le transfert de l'aviation commerciale et d'affaires de l'aérodrome de Colmar/Houssen vers la base aérienne de Meyenheim. Les entreprises civiles pourraient s'installer à l'intérieur de l'enceinte militaire.

Lors de l'assemblée générale de la chambre de commerce et d'industrie (CCI) de Colmar qui s'est déroulée avant-hier (voir DNA de mardi), le député-maire de Colmar, Gilbert Meyer annonçait qu'il avait obtenu « l'autorisation du ministère de la Défense pour une co-utilisation de la plate-forme de Meyenheim » dans le cadre du redéploiement des activités de l'aérodrome de Colmar-Houssen, la décision de fermer le site étant, selon le maire de Colmar, irrévocable.
Déjà, en 2000, le ministère avait donné un accord de principe au transfert de l'aérodrome. Le dossier a depuis évolué. Si l'armée refuse d'accueillir l'aviation de loisirs, trop importante (17 000 mouvements par an) et qui aurait dû mal à cohabiter avec l'activité militaire, l'aviation commerciale et d'affaires pourrait s'installer à Meyenheim. « Elle représente moins de 3 000 mouvements. On peut avaler ce trafic sans problème », assure le colonel Testaud, commandant la base aérienne 132. « Techniquement, la chose est parfaitement possible et l'aviation d'affaires trouvera les mêmes conditions qu'à Houssen : possibilité de vols de nuit et les week-ends ».

Une « expérimentation »

La grande nouveauté par rapport à 2000 serait l'intégration des installations civiles au sein du site militaire. « Le ministère est d'accord pour qu'une emprise soit cédée aux différentes sociétés. C'est d'ailleurs une volonté du chef d'état-major de l'armée de l'air, le général d'armée Richard Wolsztynski, d'ouvrir les bases au civil », souligne le colonel Testaud.
Il y a quatre ans, l'armée privilégiait plutôt la solution d'une installation au nord-ouest de la base. « Il s'agit d'une expérimentation pour l'armée de l'air puisque ce genre de cohabitation n'existe pas à l'heure actuelle », ajoute le colonel Testaud. Si les bases de Reims, Dijon ou Tours ont ouvert leurs pistes aux transports non militaires, elles n'ont pas d'infrastructures civiles à l'intérieur de leur enceinte.

Transfert
sous conditions

Bien évidemment, le ministère avance une condition pour la réalisation de ce transfert : l'armée ne doit débourser aucun centime. A l'opérateur civil de supporter l'ensemble des coûts liés à ce redéploiement. Par ailleurs, des contraintes s'imposent à l'arrivée de l'aérodrome sur le site de la BA 132. « En matière de sécurité par exemple, on ne peut pas ne pas avoir de contrôle sur les marchandises transportées par les civils ».
Les acteurs de ce dossier vont maintenant étudier la faisabilité de ce transfert. « Nous devons réunir tous les partenaires (CCI, mairie de Colmar, les entreprises) pour faire avancer ce projet », indique le colonel Testaud.
Si l'aviation civile est redéployée à Meyenheim, elle utilisera une toute nouvelle piste. Le projet de reconstruction de l'actuelle piste, prévu en 2003, a été reporté à 2005 pour des questions budgétaires. Elle avait vu le jour en 1953 et avait été une première fois rénovée en 1989.

Nicolas Roquejeoffre

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3 mars 2004

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